M. – il t'a déjà dit qu'il t'aimait?
M. – si tu penses à “je t'aime”. Non.
Jamais.
M. – et des formules plus floues, moins faites
M. – n'attend rien de lui. Il ne manie pas les mots. N'utilise pas les mots d'amour. Impossible de lui reprocher d'être un beau parleur.
M. – tu as souffert de cette absence comme je souffre.
Comme je souffre.
M. – on souffre seul. Je veux dire. On choisit d'aimer. On choisit de souffrir. Ses bras sont là alors on ne pense pas.
M. – ça nous réveille la nuit le sentiment d'inconfort. Quand arrive l'ennui?
M. – il ne vient pas. On ne finit jamais d'aimer. Mais on part.
On part et on souffre encore.
M. – pour où? Pour quels autres bras? Pour qui?
M. – on fait l'erreur de partir pour un autre que pour soi. On cherche la douceur d'un autre corps pour sauver sa peau. Mais on ne sauve rien.
M. – il y a des jours où on n’y pense plus?
M. – c'est toujours tapi au fond de l'esprit dans le noir comme en pleine lumière.
M. – dis moi que je partirais
M. – tu partiras
comme je suis partie. En l'aimant.

Clara trouve mes histoires d’amour intéressantes. Elle trouve que j’ai un romantisme intarissable, tragique et brut. Elle dit qu’elle apprend des trucs avec moi. Elle trouve que ma recherche artistique se mélange et se lie à ma quête de l’amour. Mes relations amoureuses comme œuvre. Elle dit qu’il faudrait juste que je trouve la bonne forme pour rendre tout ça visible, lisible. Rendre tout ça au monde.
Au commun de nos existences uniques et confondues.

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